COMMENT L'ASSOCIATION PROTEGE LES TORTUES

C'est long à lire mais vous saurez tout sur les détails de ma mission !!

 

 Très cher(e)s ami(e)s de la conservation de la biodiversité,


Au moment où les organisations de protection de la nature dénoncent le réchauffement
climatique et sa multitude de conséquences,plusieurs espèces, maillon de la chaîne de la
Vie, restent sous la menace permanente de l’action directe de l’homme.

Mon pays, le Gabon, a une position remarquable et même privilégiée en Afrique. Son attrait
principal est une nature à l’état brut où tout témoigne d’un véritable enchevêtrement de
milieux naturels, susceptible de devenir l’un des derniers sanctuaires de la planète. Son
littoral abrite de nombreuses espèces migratrices dont l’une des plus grandes populations au
monde de tortues luths (Dermochelys coriacea), une espèce menacée d’extinction au niveau
mondiale.

Sur 5 Km, les plages du parc national de Pongara abritent plus de 800 nids de tortues luths
durant les 6 mois de la saison de ponte. Grâce à sa proximité avec Libreville, ce site est
devenu une destination favorite pour de nombreux visiteurs qui, malheureusement, ne
tiennent pas compte de son importance biologique. Ainsi, l’association des lumières
artificielles utilisées par les touristes et l’utilisation des véhicules sur la plage empêchent les
femelles de monter pour la ponte ou les désorientent vers les terres. Elles se retrouvent
alors, par dizaine, perdues dans une savane où, sans l’assistance d’une bonne équipe, elles
sont vouées à une mort certaine.

Afin de nous aider à réduire ce taux élevé de tortues égarées dans la savane mais
également favoriser une amélioration du comportement du public vis-à-vis des tortues
marines et leur habitat, nous serions très heureux de vous accueillir et de bénéficier de votre
assistance dans un parc national de Pongara qui étale sa magnificence sur une aire de
89.000 ha. La beauté de ses plages, le chevauchement symbiotique de ses savanes et
forêts octroient une accessibilité plaisante dont le remarquable spectacle vous ouvre les
portes de Libreville, la capitale gabonaise.

A toutes et à tous, Mbolo… soyez les bienvenus !

Guy-Philipe

Directeur Exécutif ASF


 

 

PRESENTATION GENERALE

        a. Le contexte :

La problématique environnementale est un débat central de notre siècle. Les instances internationales,  dont le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), ayant pris la juste mesure   du problème ont suscité la signature de plusieurs accords, l’élaboration des textes et le vote des lois,           dans le but de permettre à l’humanité de vivre en bénéficiant encore d’un certain équilibre naturel. Une convention internationale engage les états signataires, dont la France, à
« prendre les mesures appropriées et nécessaires pour conserver les espèces
migratrices et leur habitat » (Convention on the Conservation of Migratory Species of
Wild Animals).

La tortue Luth figure au nombre de ces espèces migratrices protégées.
A l'échelle mondiale, 6 espèces de tortues marines (dont la tortue Luth) sont
considérées comme menacées du fait d'une pression d'exploitation très
importante causée par leur capture, le pillage des nids, la destruction des
plages de ponte, etc.

Le Gabon abrite l’aire de reproduction des tortues le plus important d’Afrique.
Pongara fait partie de cette aire où depuis 1997, ASF (Aventures sans Frontières)
mène un programme de recherche et de conservation dans trois sites (Pongara,
Iguéla et Mayumba) et qui inclue :

(i) une identification des populations;

(ii) une identification des sites de recrutement clés (sites de ponte);

(iii) un suivi régulier des populations (évaluation des tendances);

(iv) une estimation de la mortalité annuelle;

(v) une protection effective des plages de ponte.

Les résultats de ce programme ont permis de faire ressortir l’importance mondiale
des plages du Gabon pour la reproduction de la tortue luth (Dermochelys coriacea),
mais également une forte présence de tortues olivâtres (Lepidochelys olivacea) avec

le sud du pays comme localité record pour ces deux espèces menacées d’extinction.
Ces travaux de recherche ont ainsi favorisé le classement des sites de Pongara et de
Mayumba en aires protégées.

    b. Le programme de protection des tortues Luth:

Les menaces rencontrées sur le site de ponte peuvent facilement favoriser le déclin
de la population nidificatrice. Les principales menaces observées sont :
• l’exploitation des oeufs par les riverains et la prédation animale (crabes
Ocypodes, varan et chiens errants),
• l’éclairage de la plage de nidification qui peut désorienter les déplacements
des nouveaux-nés et des adultes qui viennent pondre, les empêchant ainsi de
se rendre directement vers la mer et provoquant leur déshydratation.
• Les véhicules à moteur (quads) qui détériorent les nids et perturbent la
montée des tortues (la plus importante et la plus dangereuse).
• la pollution des plages par d’énormes troncs d’arbres échappés des bateaux
de transport, et l’ingestion de plastique et autres débris confondus à des
proies, de même les captures accidentelles par les pêcheurs artisanaux et
industriels

 

ACTIVITÉS

La méthode consiste à observer le long de la zone d’étude (5kms) et en fonction du
mouvement des marées, le comportement des tortues lors de leurs passages sur la
plage.


• Patrouille
Pendant la période de ponte allant d’octobre en avril, 4 équipes de techniciens
patrouillent de nuit comme de jour sur la plage. L’objectif est de prendre les
mensurations, d’enregistrer toutes les femelles qui viennent pondre dans la zone
d’étude et de marquer celles n’ayant pas encore de bagues.

Elle consiste également à suivre le comportement de la tortue depuis sa sortie de la
mer jusqu’à son retour, tout le long des 5 Km de distance de plage d’étude.
Pour que cela soit effectif, il est nécessaire de connaître l’espèce, de l’identifier, de la
marquer, de faire un prélèvement génétique de la peau de l’espèce et selon les cas,
le suivi des nids.

Les données biologiques, essentielles pour la détermination tant de la reproduction
que la fréquence des espèces étudiées, sont obtenues au cours des patrouilles
pendant la saison de nidification. Chaque individu rencontré est identifié et l’équipe
relève les informations suivantes :
􀂾 L’espèce,
􀂾 la date et l’heure
􀂾 la biométrie (la longueur et la largeur de la carapace en centimètres)
􀂾 le point géographique,
􀂾 les conditions atmosphériques
􀂾 les numéros des bagues.

• Sauvetage
Le site de Pongara, de par sa proximité avec Libreville, la capitale du Gabon, soumet
les tortues à différents dangers.
Les lumières artificielles de la ville mais aussi des maisons (de plus en plus
nombreuses) de la pointe Denis associées aux bruits des quads sur la plage
désorientent les tortues lorsqu’elles regagnent la mer juste après la ponte.
Lorsqu’elles ne retrouvent pas le chemin de la mer, elles se retrouvent perdues dans
la savane avoisinante où elles se laissent mourir : avec leurs mensurations de
géantes, leur mobilité est très réduite. De plus une tortue peut rester au grand
maximum 20 heures hors de l’eau.
A chaque tortue perdue repérée, une opération de sauvetage est organisée. La
technique consiste à essayer de la faire monter sur une bâche et ensuite de tirer la
bâche à l’aide de sangles jusqu’à la mer.

• Marquage
Il consiste à appliquer une marque sur la nageoire postérieure ou entre les palettes
natatoires et la queue.
Le marquage permet de faire des estimations sur la démographie d’une population.
Le but est de connaître l’intervalle de ponte dans la saison en fonction des différents
jours de montées, de la fréquence de nidification et le nombre de nids par femelle
dans la saison par rapport aux différentes relectures afin d’estimer la taille de la
population qui pond sur le site.
En outre, le marquage permet d’étudier le comportement et la biologie de l’espèce,
sa reproduction, le succès des nidifications, le comportement migratoire, sa
croissance et sa fidélité sur le site de ponte.


L’EQUIPE


Guy-Philippe SOUNGUET : Directeur exécutif d’ASF, il est en charge de ce
programme scientifique.


Après avoir fait ses études en biologie à l’université des sciences et techniques du
Gabon, Guy-Philippe travaille tour à tour au projet ECOFAC de l’Union Européenne
dans la réserve de la Lopé-Okanda (aujourd’hui parc national de la Lopé), au
Programme Régional de Gestion de l’Information Environnementale (PRGIE) et à la
Wildlife Conservation Society (WCS) au Gabon.
En 1991, il décide avec un ami de partir à la découverte de leur pays et d’être en
contact direct avec les populations du Gabon profond. Après 1500 Km et 45 jours de
marche, ils se voient solliciter par les jeunes Gabonais désireux d’effectuer ce genre
d’aventures, il crée alors en 1992 Aventures Sans Frontières (ASF), une ONG dont
les activités étaient la découverte des paysages et l’organisation de camps de
vacances.
Lors d’une traversée en kayak de mer entre Libreville la capitale du pays et Port-
Gentil la capitale économique en 1996, Guy-Philippe et ses compagnons observent
des traces de tortues marines sur les plages de la réserve de Wonga-Wongué.
S’étant informé sur ces espèces menacées d’extinction à l’échelle mondiale,
cette “découverte ” va changer complètement son existence et celle de l’ONG. Les
travaux de recherche menés par ASF depuis cette date ont permis de classer deux
sites en parcs nationaux et d’identifier les plages du Gabon comme étant l’un des
sites les plus importants au monde pour la reproduction de la tortue luth
(Dermochelys coriacea).
A présent, Guy-Philippe consacre son temps à la prise de conscience générale sur la
conservation des merveilles naturelles du Gabon.

Alex ZOGO : Chargé de communication, du programme d’éducation environnementale
et… des volontaires PassWorld !


Il a suivi une formation en interprétariat traduction en Angleterre, ce qui explique son
côté…so british ! Traducteur pour des agences, il a également donné des cours
particuliers dans différents ministères du Gabon. Son amour pour la conservation de
la vie sauvage est né au regard des menaces qui pèsent sur de nombreuses espèces.
Aujourd’hui, il compte bien partager sa passion avec tous ceux qui veulent protéger
notre environnement et le transmettre aux générations futures.

François, Freddie, Hervé et Francis sont les 4 techniciens permanents qui résident
sur la base vie ASF. Tous passionnés par leur métier, c’est à leurs côtés que vous
effectuerez les patrouilles et les opérations de sauvetage.


L’APPORT DES VOLONTAIRES

De par sa situation géographique, le site de reproduction de Pongara, juste en face
de Libreville, expose les tortues Luth à de nombreuses menaces. Un grand nombre
de tortues désorientées, et donc en danger vital (une tortue Luth perdue se laisse
mourir) est recensé chaque année.
Pour mener à bien son programme scientifique, les membres d’ASF ont besoin du
soutien des volontaires qui vont venir renforcer l’équipe notamment pour les
opérations de sauvetage (une tortue Luth mesure dans les 1m45 et pèse jusqu’à 500
kilos) mais aussi pour la détection des tortues perdues.
L’année dernière, jusqu’à 48 tortues en difficultés ont été dénombrées en une
semaine et 23 sauvetages ont du être organisés dans la seule nuit du 31 décembre
au 1er janvier. Dans ce contexte, l’aide de volontaires est plus que bienvenue…


ROLE ET PROFIL DES VOLONTAIRES


Cette mission est ouverte à chacun d’entre vous, quelles que soient vos
compétences. Une bonne condition physique est néanmoins nécessaire en raison
des longues heures de marche la nuit sur la plage lors des patrouilles, et d’efforts
ponctuels au cours des sauvetages des tortues désorientées.


L’organisation de la vie sur place étant similaire à celle d’un campement, il est
nécessaire d’aimer la vie en « communauté » et de participer aux tâches
quotidiennes.


Votre mission consistera à patrouiller en équipe la nuit sur la plage (longue de 5 kms)
afin de repérer et de compter les traces des montées de tortues, d’assister à la
phase de nidification et de vous assurer que la tortue regagne bien la mer.
Il faut nécessairement vérifier la présence de la trace retour. Dans le cas contraire, la
phase de nidification doit être établie et la collecte des données doit se faire
uniquement pendant l’oviposition (au moment de la ponte des oeufs).
Un membre de l’équipe doit se mettre derrière la tortue pour prendre les
mensurations, regarder dans la chambre des oeufs (nids) et les compter, mais il faut
faire attention à ne pas introduire du sable dans le nid. Il est nécessaire de manipuler
les oeufs avec des gants stérilisés pour le dénombrement.


Vous interviendrez aussi en appui lors des opérations de sauvetage des tortues égarées.
Vous serez également amené(e) à faire de la sensibilisation auprès des personnes
rencontrées sur la plage la nuit ou le matin.

L’essentiel des activités ont lieu la nuit puisque c’est le moment où les tortues
viennent pondre. Des roulements sont prévus entre les différentes équipes.

A Pongara, vous serez logé(e) dans les cases situées à 50 mètres de la base vie
ASF. Les chambres sont équipées d’un lit une place, d’une moustiquaire et d’un
meuble de rangement. Un salon avec table et chaises pour 2 chambres. Il n’y a pas
de prise de courant dans les chambres. Les toilettes et la « douche » sont situés à
l’extérieur. Il s’agit de simples cabanes de bois. La toilette se fait au seau avec de
l’eau froide.

 Vos repas seront pris avec le reste de l’équipe dans la base vie ASF. Chaque équipe
sera en charge à tour de rôle de préparer les repas, faire la vaisselle, nettoyer la
base etc. Les produits frais n’arrivant qu’une fois par semaine l’alimentation est
principalement à base de conserves, de pâtes, de riz et de poisson fraîchement
pêché par Hervé !